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LE BANQUET D'AUTEUIL

Dossier de Presse

BADOCK Théâtre présente

du mardi 10 mars au samedi 25 avril 2015

 

                      LE BANQUET D’AUTEUIL

                               De Jean-Marie Besset

Mise en scène et scénographie Régis de Martrin-Donos

 

avec (par ordre d’apparition) :

Molière                Jean-Baptiste Marcenac

Chapelle                       Hervé Lassïnce

Baron                  Félix Beaupérin

Lully                    Frédéric Quiring

Osman                Quentin Moriot

Jonsac                 Roman Girelli

Nantouillet         Grégory Cartelier

Dassoucy            Dominique Ratonnat

Pierrotin                       Antoine Baillet-Devallez 

Cyrano                Alain Marcel

 

     Musique originale                 Jean-Pierre Stora

     Costumes                            Marie Delphin

     Lumière                              Pierre Peyronnet

     Sons                                    Jérémie Sananes

     Maquillages                          Sylvie Cailler

     Conseil à la scénographie      Alain Lagarde

    Assistant à la mise-en-scène  Patrice Vrain Perrault

Lassé des infidélités de sa femme, Molière s'est installé dans une maison à Auteuil.

Là, vivent à demeure son jeune protégé, l'acteur prodige Michel Baron,  et l'ami de toujours, l'écrivain Chapelle. Ce dernier, aimable fêtard, a invité une turbulente troupe à dîner…

 

 

 

Une version «en chantier», produite par le Théâtre des 13 vents CDN Languedoc-Roussillon, a été présentée du 15 au 18 janvier 2014 à Montpellier, avec la complicité de l’équipe technique du Théâtre des 13 vents.

 

Le texte de la pièce est publié aux EDITIONS H&O

(LE BANQUET D'AUTEUIL suivi de LA MESAVENTURE DE MONTPELLIER)

 

 

« Molière devant sa Solitude.

Il lutte, il combat, rameute toutes ses ruses,

en invente de nouvelles. Mais c’est Elle qui gagne.

Sans effort apparent. »

Note de lecture d’Alain Resnais, 31 mai 2013

 

Argument par Jean-Marie Besset

Lassé des infidélités de sa femme, Molière s'est installé dans une maison à Auteuil. Là, vivent à demeure son jeune protégé, l'acteur prodige Michel Baron, et l'ami de toujours, l'écrivain Chapelle. Ce dernier, aimable fêtard, a invité une turbulente troupe à dîner, les musiciens Lully, Dassoucy et Pierrotin, les hommes de cour Jonsac et Nantouillet, bientôt rejoints par leur ami disparu, Cyrano de Bergerac. Ces libertins-là vont moquer (ou envier) la passion jalouse de l'auteur du Misanthrope pour Michel Baron. L'art et l'amitié peuvent-ils nous sauver de l'absurdité de la vie ?

Le Banquet d’Auteuil est une pièce originale écrite en 2011 à partir de personnages et d’évènements du XVIIe siècle français. Elle présente des personnages historiques – des artistes –, dans une langue réinventée, mais avec des thèmes que seule l’époque actuelle (et la réapparition de textes d’archives) peut aborder de front : la rivalité d’hommes mariés pour l’amour, le désir, la beauté et le talent de jeunes gens.  

La pièce oppose au principal la passion, cette fixation amoureuse sur un seul objet (Molière-Baron) au libertinage débridé des amis de Molière (Chapelle, Lully, Dassoucy, Bergerac) dans leurs jeux avec des jeunes hommes (Nantouillet, Jonsac, Osman, Pierrotin).

En respectant les unités classiques (l’action se déroule en 24 heures chez Molière dans sa maison d’Auteuil), la pièce est résolument moderne dans la sincérité, l’âpreté et la cruauté des rapports, qu’ils soient de désir ou d’ambition, pour ne pas dire d’argent et de carrière.

Dans la tradition du genre littéraire du banquet tel qu'il est inventé par les classiques gréco-latins  (de Platon à Pétrone en passant par Xénophon, Plutarque, Lucien, Epicure...), c'est-à-dire d'une assemblée d'hommes savants qui discourent, en mangeant, d'éthique et d'esthétique, j'ai essayé de réinventer ce genre pour aujourd'hui, à partir d'évènements d'il y a plus de trois siècles. La fin de ce Dix Septième siècle français posait, pour la première fois en Occident me semble-t-il, l'hypothèse d'un groupe d'hommes assez hardis pour défier Dieu et les bonnes mœurs. On n'en attendait pas moins de l'auteur de Tartuffe et de Don Juan, mais cette réunion de libertins, où l'on réhabilite et redécouvre des artistes ou des penseurs considérables (Cyrano, Dassoucy, Chapelle, Baron, Nantouillet), ouvre la voie aux hérétiques en matière de religion et de mœurs  des siècles qui suivront: Encyclopédistes, Sade, Fourier, Wilde, Groupe de Bloomsbury, Gide, Foucault, Pasolini…

 

Note de Régis de Martrin-Donos

Il y a tout au long de la vie, on le sait, des moments où l'on est maître des évènements et d'autres moments où le hasard opère sur nous de façon si étrange qu'il nous interrompt dans notre course prévisible. Les signes qui apparaissent à nos yeux s'offrent comme des révélations. Ainsi, la première du Banquet d'Auteuil a eu lieu le 15 janvier 2014 au Théâtre des 13 vents à Montpellier, précisément le jour anniversaire de naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. Il aurait eu 392 ans. Cette coïncidence peut paraître anecdotique, mais quand on fait du théâtre, on est bien obligé de croire, d'avoir la foi (comme le dit si bien Nina: "J'ai la foi et j'ai moins mal" dans La Mouette d'Anton Tchekhov, pièce qui traite également, rappelons-le, de la création artistique et de la place de l'artiste dans la société). Si le théâtre est un art sacré, alors c'est une des raisons que j'ai aujourd'hui de monter la pièce d'un auteur vivant : est-ce qu'elle fait bien toute sa place au sacré ? Ici, la pièce commence au moment où en France et pour la première fois peut-être dans l'histoire de la littérature occidentale un cercle de libertins s'unit en défiant le pouvoir religieux et politique. Ce qui est réjouissant quand on travaille sur une pièce comme Le Banquet d'Auteuil, c'est qu'il s'agit de raconter une grande histoire d'amour (Molière/Baron - longtemps occultée ou censurée), tout en restant au cœur de l'histoire politique et artistique de la France. C'est ce que les auteurs dramatiques appellent la petite histoire dans la grande histoire ; quand les deux sont réunies on est souvent proche d'un idéal du sujet et de la forme… En effet, c'est une chance inouïe de mettre en scène dix personnages historiques dans une pièce inédite ; qui est sans doute la plus ample jamais écrite par Jean-Marie Besset. Dix personnages qui ont tous un rapport sensible et particulier à l'art, entre autres Molière, Lully et Cyrano, qui n'ont rien moins que changé à eux trois l'esthétique du théâtre, de la musique ou du roman pour toujours! Pour apprivoiser cette fiction, on peut commencer par se nourrir inlassablement des écrits, des mémoires et des biographies des uns et des autres protagonistes, de leurs correspondances, de leurs œuvres... Puis, une fois plongé en profondeur dans ce XVIIe siècle baroque et libertin, on finit inexorablement par aimer ces illustres personnages comme des êtres de chair. On s'y attache de façon si étrange et personnelle, qu'au moment de passer sur le plateau, au moment où les acteurs vont s'en emparer, on a besoin de réunir des conditions exceptionnelles, de faire appel au sacré. Car c'est aussi le sujet de cette pièce, les vivants et les morts. Quel paradoxe fou de donner vie à des personnages historiques, - donc supposés disparus –  qui ont en outre réussi de leur vivant à bouleverser le goût, la pensée et la morale, tout en étant au service du roi et de ses exigences… Un roi de droit divin… Aujourd'hui, cette première parisienne du Banquet d’Auteuil constitue un moment unique, parce que la création d'une pièce nouvelle reste une étape toujours particulière dans la vie d'un artiste. Mais aussi parce que jamais jusqu'à présent ce singulier portrait de Molière n'avais été dévoilé au grand public. C'est en quelque sorte, pour notre plus grand auteur dramatique français, une nouvelle naissance, une renaissance.

Note d’intention par Jean-Pierre Stora

J’ai accepté avec plaisir d’écrire la, ou plutôt les musiques, de cette pièce. En effet, j’ai été touché par le tact, la délicatesse, avec lesquels Jean-Marie Besset a évoqué un libertinage de Molière et de ses amis, dont Lully, amoureux de la jeunesse. On y découvre un Molière malheureux dans son union avec Armande Béjart puis avec son protégé, le comédien Michel Baron. J’ai considéré l’époque à laquelle se situe cette pièce et, tout naturellement, j’ai été amené à composer un menuet. Je le transforme, à certains moments, en rondo, passant d’un trois temps à un quatre temps, et me permettant alors d’user des modes majeur et mineur. J’ai pensé opportun de composer une musique à caractère oriental lorsque, au cours d’une longue scène, évocation de la Turquie est faite. Qu’écrire d’autre qu’une musique de « chanson à boire » pour la scène d’ivresse ? J’ai désiré ainsi présenter des musiques en harmonie avec le texte et les souhaits de mise en scène de Régis de Martrin-Donos, découpées exactement comme pour un film. J’attends, confiant, les représentations parisiennes de la pièce.

 

 

 

 

 

 

Préface par François Regnault

Voici une fiction historique qui ne manque pas d’audace. Les principaux personnages ont vécu au XVIIe siècle, certains très connus, comme Molière, Lully et Cyrano de Bergerac, d’autres moins, comme Chapelle, ami de Molière de longue date, Charles Dassoucy, écrivain et compositeur, amant de Cyrano (rappelons que le Cyrano de Rostand, cette gloire du théâtre français, n’aime Roxane que… par délégation), le jeune acteur Baron admiré et aimé de tous, et qui vécut chez Molière, un Chevalier de Nantouillet (bretteur cité par Madame de Sévigné) et puis plusieurs inconnus, les favoris ou les amants des précédents, un petit marquis, un chanteur castrat, un danseur turc (en fait italien, amené par Lully). Ceci est un banquet, un banquet d’hommes, comme celui de Platon, où des Sodomites, comme on les nommait à l’âge classique, remplacèrent l’antique Pédérastie, avant de laisser la place à notre sympathique Homosexualité. Chaque siècle fait comme il peut !

Je ne me divertirai pas à aller chercher si tout est vrai dans cette fiction nocturne, puisque tout y est vraisemblable, et que la fiction théâtrale a autant de libertés que Corneille et Racine en prenaient alors avec l’Histoire. Que Baron (sur qui Jean-Marie Besset a déjà écrit un ouvrage en 2000 : Baron) fût jeune en cette année 1670 où l’auteur situe l’action, que Molière lui ait destiné un rôle de « petit berger » dans Mélicerte, pièce inachevée, avant de lui donner le rôle du jeune Amour dans Psyché, qu’il habitât chez Molière (notamment à Paris), et qu’il dût devenir l’un des grands acteurs de son temps, réclamé encore sur la scène dans sa vieillesse par la Régence, tout cela, en gros, est historique. On se récriera : bon, Cyrano, Lully, leurs mœurs sont assez connues. Mais Molière ! Justement, l’audace de Besset (qui à d’aucuns semblera déplacée, incongrue, voire abominable) pourrait aisément s’autoriser, s’il en était besoin, de l’interprétation qu’un freudien de stricte obédience donnerait de cette jalousie paranoïaque que leur auteur projette dans son Arnolphe et dans son Alceste comme un mécanisme de défense du sujet contre sa pulsion inavouable et refoulée : « Moi un homme, j’aime un homme ». Doit-on encore s’en étonner en ce début de notre siècle où la gaytude ambiante nous offre un flair plus aiguisé pour déceler, dans les mœurs de ce siècle dix-septième, plus d’amours interdites qu’on ne pense et plus qu’on n’en sait, à la Cour comme à la Ville, ainsi qu’en témoigne entre autres Saint-Simon dès le début de ses Mémoires.

Mais assez de ces précautions. Le sous-titre de ce Banquet est avisé : « Sexe, amour, art, argent entre grands hommes et jeunes gens en 1670, au printemps ». Sexe, bien sûr, mais amour aussi, dans la mesure où la formule, cette fois-ci de Lacan, selon laquelle « l’amour ignore la différence des sexes », peut éclairer la passion touchante, triste, transie, que Molière éprouve pour sa coquette de femme et pour ce charmant jeune homme volage et capricieux. Et assez, maintenant, sur les mœurs. Parlons un peu de l’action.

 

Quatre épisodes composent ces deux nuits d’Auteuil dans la demeure de Molière, au bord de la Seine :

L’arrivée, aux petites heures de la nuit, de Chapelle à Auteuil qui répond enfin à l’invitation de Molière à un Banquet, le jour même où le jeune Baron, qui l’a fui voici quatre ans, est revenu chez lui, ou lui est revenu. Et Molière le contemple dormir. Déçu des incartades de sa femme, le Molière de Besset avance la jolie formule naïve : « J’espère trouver plus de solidité dans le cœur des hommes. » Ô incurable Alceste !

Puis a lieu, le lendemain, le Banquet proprement dit qui, comme tous les banquets depuis Platon, est une conversation d’inspiration amoureuse et philosophique entre les convives, notamment sur leurs amants respectifs, anciens et nouveaux, exclusifs ou échangeables, de façon franche et déclarée, dans la mesure où ces précieux Messieurs n’ont plus guère froid aux yeux.

La surprise est cependant l’apparition fantomale, dans un rayon de pleine lune entre des feuillages, de Cyrano de Bergerac, mort depuis déjà quinze ans, et qui, du Royaume des Ombres, dialogue avec les vivants, libertins comme lui, non sans évoquer ses Empires de la Lune. Beau coup de théâtre, en somme. La disputation se propose donc de comparer les mérites respectifs du danseur (le « turc » de Lully), de l’escrimeur (du Chevalier de Nantouillet, soldat) et de l’acteur (le comédien dont Molière est épris), et de refaire entre eux une sorte de Jugement de Pâris masculin, comme ce Grec en avait institué un entre Vénus, Minerve et Junon ; l’enjeu étant évidemment de les dévêtir par cette nuit printanière, comme dans une sorte de Conseil de révision tel que ceux qu’on nous imposait encore au temps du service militaire ! Que l’exercice semble un peu dégénérer, suffit à faire en sorte que Molière, pris de pudeur, préfère rentrer se coucher, lui qui pourtant vient d’initier cette Boys Academy. Evoquant la passion réciproque d’Oreste et de Pylade, Baron remporte vite le prix de Beauté entre les trois garçons, cependant que Cyrano se met à attiser une rivalité artistique entre Dassoucy, compositeur passé de mode, et Lully, déjà bien en cour, et dont Cyrano révèle le dessein de s’arroger un vrai monopole de gloire, fût-ce contre Molière lui-même. On se rhabille et puis on chante.

Une partie de noyade termine de façon très originale cette folle nuit. Car, comme les neuf convives, libertins et épicuriens, se font des réflexions inopinées sur leurs tristes vies, Chapelle leur propose d’aller tous se noyer dans la Seine toute proche, avec l’approbation de Cyrano de Bergerac. Baron, qui veut rester en vie, va en vitesse réveiller Molière qui feint d’approuver ce suicide collectif, mais leur demande de le différer, afin de l’accomplir en plein jour et en pleine connaissance de cause. Cyrano disparaît. Ouf ! ils ne se noieront pas. Chanteront-ils, les Lendemains qui donnent leur titre au dernier épisode ? Baron passe à Molière une pièce de Cyrano, Le Pédant joué : il lit avec Chapelle la scène de l’enlèvement prétendu du fils par des Turcs avec demande de rançon, reprise par Molière dans Les Fourberies de Scapin. « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » Besset, qui pastiche d’ailleurs de loin en loin le style de l’époque, sans affectation d’ailleurs, entend nous faire assister à l’un des processus de création du poète. On en revient du même coup pour finir à la relation tumultueuse entre Molière, jaloux, et Baron, plutôt désinvolte, en présence de Chapelle. Baron s’apprête à repartir sur les routes en voyou, il ne reste plus à Molière qu’à écrire ses Fourberies

 

Molière s’est assez montré lui-même sur et dans son théâtre pour qu’un auteur puisse le suivre dans cette voie, et le mettre à son tour en scène (comme on le fit de son temps dans la comédie calomniatrice Elomire hypocondre, de Le Boulanger de Chalussay, ou comme dans La Petite Molière, de Jean Anouilh) fût-ce dans une fiction qui substitue, aux relations conjugales souvent venimeuses qu’il a pu entretenir avec sa femme (rappelez-vous, dans L’Impromptu de Versailles : « Taisez-vous, ma Femme, vous êtes une bête »), les relations amoureuses, tout aussi tendues, qu’il aurait pu avoir avec le jeune acteur, dont un témoignage sans doute authentique nous raconte qu’il était aussi très affectueux : il embrassait volontiers Corneille !* Molière atrabilaire, Molière amoureux. Ne fait-il pas dire à Sganarelle, parlant à Gusman, à propos de Dom Juan : « Tu me dis qu’il a épousé ta Maîtresse, et qu’avec elle il aurait encore épousé toi, son chien et son chat. »

Le sujet de la pièce, en somme ? On pourrait l’appeler : une, ou la face cachée de Molière (comme il y en a une de la Lune – on pense à Cyrano), mais après tout, le rapport de Molière aux libertins de son temps n’est pas un mystère. Car le libertinage philosophique, d’inspiration épicurienne, s’est presque toujours, on le sait, allié au libertinage amoureux, comme en témoigne Dom Juan. Mais en outre, la vertu de ce Banquet d’Auteuil consiste peut-être aussi à nous montrer à quelles souffrances d’amour le génie doit parfois s’arracher pour tirer un grand théâtre de son cœur mis à nu.

*Sur le tempérament libre et affectueux de Baron, citons une anecdote rapportant que, comme il ne comprenait pas quatre vers du rôle de Domitian qu’il devait jouer dans le Tite et Bérénice de Corneille, et qu’il le répétait chez Molière « chez qui il demeurait », Molière lui répond : « M. Corneille doit venir souper avec nous aujourd’hui, et vous lui direz qu’il vous les explique. » « Dès que Corneille arrive, le jeune Baron alla lui sauter au cou, comme il faisait ordinairement parce qu’il l’aimait, et ensuite il le pria de lui expliquer ces quatre vers, disant à Corneille qu’il ne les entendait pas. »  Corneille les examine et déclare : « Je ne les entends pas trop bien non plus ; mais récitez-les toujours : tel qui ne les entendra pas les admirera. » [Corneille, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, tome III, p.1620]. Je dois avouer que je raffole de cette anecdote, qui nous montre auteur, metteur en scène et acteur dans l’intimité. Les vers obscurs sont les vers 159 à 162 de Tite et Bérénice, dans la scène 2 de l’acte I.

 

Homosexualité de Molière par Chantal Meyer-Plantureux

 

« Alors, à notre époque, c’est comme chez les Grecs, dit Brichot. – Mais comment ? comme chez les Grecs ? Vous vous figurez que cela n’a pas continué depuis ? Regardez, sous Louis XIV, le petit Vermandois, Molière, le prince Louis de Baden, Brunswick, Charolais, Boufflers, le Grand Condé, le duc de Brissac » [1]

 

La question de l'homosexualité de Molière n'est pas nouvelle, même si elle a été occultée par des années de critique bien-pensante. Dès le XVIIè siècle, "l'amitié" de Molière pour le jeune Baron était évoquée dans un livre anonyme La Fameuse comédienne [2] et quelques années plus tard, en 1705, par le premier biographe de l'auteur dramatique, Grimarest [3] qui relatait déjà un certain banquet d'Auteuil... Mais ces deux ouvrages - jamais cités dans l'exégèse universitaire - ne semblaient s'attacher qu'à l'anecdotique et ne pouvaient entrer en concurrence avec l'histoire "officielle" qui, elle, ne s'intéressait qu'aux amours "orthodoxes" de Molière avec Madeleine et Armande Béjart. C'est, en 1992, par un article de Michel Cournot[4] sur la mise en scène de La Comtesse d'Escarbagnas et George Dandin mis en scène par Jacques Lassalle à la Comédie Française que Jean-Marie Besset découvrit l'amour de Molière pour Baron : « Michel Baron apporta, aux dernières années de Molière, une lumière, des douceurs, mais aussi des souffrances, car Baron, très joli garçon, faisait d'autres conquêtes ». Dans le livre L'Illustre [5] Comédienne, paru en 1687, et qui a été sans doute écrit par l'acteur Rosimont [6], est évoquée une liaison de Baron avec le duc de Bellegarde : Molière, en pleine nuit, fait une scène au jeune homme. «  Pour empêcher la suite d'un commerce qui le désespérait, il lui représenta que ce qui se passait entre eux ne pourrait lui faire aucun tort, parce qu'il cachait son amour sous le nom de bonne amitié, mais qu'il n'en était pas de même du duc ; que cela le pourrait perdre entièrement, surtout dans l'esprit du Roi, qui avait une horreur extrême pour toute sorte de débauche, et principalement pour celle-là ». [7] C'est dans ces mêmes années 90 que les universitaires se mirent à dévoiler, lors de colloques et à travers rééditions et biographies, les amours de Molière pour son acteur Baron. Cesare Garboli [8], traducteur de Molière en italien et surtout extraordinaire critique littéraire [9] réédita, avec une excellente préface et une solide bibliographie, La Fameuse comédienne et René de Ceccatty qui en rend compte dans Le Monde s'étonne «  avec Cesare Garboli que les chercheurs, depuis, se soient désintéressés de cet ouvrage qui offre un immense intérêt documentaire sur la vie des comédiens et sur certains épisodes de celle de Molière, mais aussi un intérêt littéraire tout court ». Un colloque sur L’Autre au XVIIè siècle à l'université de Miami en 1998 et une très importante biographie de Molière par l'historien Roger Duchêne, spécialiste de la littérature du XVIIe siècle, publiée la même année et rééditée en 2006, décrivent les rencontres de ce cercle homosexuel [10] auquel appartenait Molière : « cette complicité dans les plaisirs de la table se double sans doute d’une complicité plus trouble. Vers 1660, Chapelle fera partie avec Molière et Fauvelet du Toc d’un groupe de neuf amis où ne figurent que des libertins notoires, presque tous homosexuels[11] ». Dans la pièce Baron de Jean-Marie Besset [12], représentée en 2002, le personnage principal Jean, l'alter ego de l'auteur, alerté par la critique de Michel Cournot, décidait d'écrire une pièce sur Molière et Baron... Une dizaine d'années plus tard, Jean-Marie Besset présente Le Banquet d'Auteuil, une fiction historique qui, comme toute fiction historique digne de ce nom, livre plus d'informations qu'une glose savante.

L’auteur :

Jean-Marie Besset diplômé de sciences économiques (ESSEC, 1981) et d’études politiques (IEP de Paris, 1984), partage de 1986 à 1998 son temps entre New York, où il écrit, et la France, où ses pièces sont jouées. En 1999-2000, il est directeur délégué du Théâtre de l’Atelier.  En 2000, il crée avec Gilbert Désveaux, dans sa ville natale de Limoux, un festival qui présente en lecture-spectacle des pièces inédites (Nouveaux Auteurs dans la Vallée de l’Aude –NAVA). De 2010 à 2013, il est directeur du Théâtre des 13 vents à Montpellier.

Nommé dix fois aux Molières comme auteur ou adaptateur, il est lauréat du Syndicat National de la Critique Dramatique (1993), Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD (1993), Chevalier (1995), puis Officier (2002) des Arts et Lettres, Prix du Jeune Théâtre puis Grand Prix du Théâtre de l’Académie Française (1998 et 2005), Chevalier de l’Ordre du Mérite (2009).

Il est l’auteur de Villa Luco, La Fonction, Fête Foreign, Ce qui arrive et ce qu’on attend, Grande école, Marie Hasparren, Un coeur français, Baron, Commentaire d’amour, L’Ecole de New York, Rue de Babylone, Les Grecs, RER, Perthus, Un couple idéal, Je ne veux pas me marier, Roch Ferré, Le Banquet d’Auteuil, La Fille et le garçon, et, avec Régis de Martrin-Donos, de deux comédies : Le Kiné de Carcassonne et A la guerre comme à la guerre.

Il traduit de l’anglais de nombreux auteurs dont Oscar Wilde, Tennessee Williams, Alan Bennett, Michael Frayn, Tom Stoppard, Harold Pinter ou Edward Albee.

Il signe des scénarii pour le cinéma à partir de ses propres pièces ou adaptations : Grande école (2004, réal. Robert Salis), La Fille du RER (2008, réal. André Téchiné), Aimer, boire et chanter, ultime opus d’Alain Resnais.

Il met en scène au Théâtre des 13 vents Il faut je ne veux pas d’Alfred de Musset et Jean-Marie Besset et Le Garçon sort de l’ombre de Régis de Martrin-Donos (2011), reprise au Théâtre de Poche Montparnasse (2013).

 

Le metteur-en-scène : Régis de Martrin-Donos est auteur, metteur en scène, et comédien. Il écrit en 2007 dans Faire fondre statuettes pour statues, présenté au concours des Conservatoires de Paris au Théâtre du Rond-Point. En sortant du conservatoire du 15e arrondissement de Paris en 2009, il écrit Frontière, révélé par le premier GOP - Grand Oral de la Pile - comité de lecture du Théâtre des 13 vents. Pièce présentée au festival NAVA en juillet 2011. Il coécrit avec Jean-Marie Besset, durant l'été 2011, une comédie : Le Kiné de Carcassonne puis une seconde à l'automne 2012 : A la guerre comme à la guerre. Il est l'auteur et le collaborateur artistique du Garçon sort de l'ombre mis en scène par Jean-Marie Besset au CDN de Montpellier (2011. Editions L’Avant-scène). Il coécrit et met en scène un spectacle d'après la correspondance de Diderot : Diderot Bagarre, créé au CDN de Montpellier et repris au Théâtre de Poche Montparnasse en mars 2013 (Editions L'Avant-scène). Il assiste Gilbert Désveaux à la mise en scène de L'Importance d'être sérieux d'Oscar Wilde, créé au Théâtre des 13 vents puis repris au Théâtre Montparnasse, et celle de La Maison et le Zoo d’Edward Albee. Il est également assistant à la mise en scène d'Il faut je ne veux pas d'Alfred de Musset et de Jean-Marie Besset au CDN de Montpellier pour la saison 11/12 et qu'il reprend et joue en tournée en 2013. Ses deux dernières pièces, Toutes les dates de naissance et de mort (Festival Nava 2013) et Suzanne et les vieillards (2015), sont inédites.

 

 

 

Le compositeur : Jean-Pierre Stora est né à Alger, il se passionne dès son plus jeune âge pour la musique et le cinéma. Il commence à composer à l’âge de 13 ans. Il reçoit rapidement les encouragements de Mick Micheyl (l’auteure de la chanson « Le Gamin de Paris ») et de Georges Brassens, en tournée. Après avoir suivi les cours dispensés par le Conservatoire de musique d’Alger et par la Faculté de Droit de cette ville, il exercera à Paris la double carrière d’avocat au barreau et de compositeur de musique. Parmi ses compositions citons, pour le cinéma, celles de la plupart des films de Guy Gilles (Prix de la Jeune Critique à Locarno, Prix Jean Vigo, hommage à son œuvre par la Cinémathèque de Paris), des derniers films de Gérard Blain (Léopard d’Or au Festival de Locarno, pour l’ensemble de son œuvre), de celui, à l’origine muet, réalisé par Jean Renoir, Le Bled ; pour la télévision, bon nombre d’émissions pour enfants (dont Vacances animées), différentes dramatiques (dont Adios Antoinette) et différents documentaires, dont Staline, le tyran rouge ; pour le théâtre, entre autres pièces, Les Caprices de Marianne, Lucrèce Borgia, Othello, les adaptations à la scène du Petit Prince, de Vol de nuit, du Livre de ma mère ; pour le disque, en particulier, Karol Wojtyla Poesie (accompagnement musical des poèmes de Sa Sainteté Jean-Paul II), les deux albums de Charlotte Rampling, textes de Michel Rivgauche, Absences répétées (texte de Jeanne Moreau), Les Fantômes (texte de Eugène Ionesco), Le Train de ma vie (texte de Anna Karina). Jean-Pierre Stora travaille actuellement sur différents projets (Les Animaux de l’histoire, contes de Bernard Dimey et Julie Sogni-Daroy ; un ballet partant des thèmes ayant accompagné l’histoire imaginée par Pierre Grosz pour L’Oiseau du nord et l’oiseau du soleil, dite par SAS Grace de Monaco).

 

 


 

 

 

La distribution

 

Jean-Baptiste Marcenac (Molière) a été formé à l'école de la rue Blanche. Il a incarné Denis Diderot au Théâtre de Poche-Montparnasse en 2013 dans Diderot Bagarre. Avant cela, il a joué au théâtre pour Jean-Luc Tardieu, Pierre Mondy, Thierry Harcourt, Michel Melki, Henri Lazarini... Même si le théâtre est son domaine de prédilection, la télévision lui a offert quelques très beaux rôles, sous la direction de Laurent Levy, Étienne Dahenne, Alain Wermus, Laurent Heynemann, Éric Summer, Michel Wyn ou Raoul Peck. Quelques apparitions au cinéma avec Agnès Jaoui, Pierre Salvadori, Frédéric Louf, Dany Boon, et Valérie Lemercier. Une seule publicité, en 1993, mais réalisée par Lars Von Trier en personne !

 

Hervé Lassïnce (Chapelle) s'est formé au Conservatoire de Créteil, dont il est originaire, avec Alain Souchère, puis à l'école du Passage et à l'école des Enfants Terribles. En 2000, il entame une longue collaboration avec Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, aussi bien à la télévision (Canal+) qu'au théâtre (La Cour des Grands, Les Étourdis, Salle des fêtes) et à l'opéra (L'Enlèvement au Sérail, La Veuve joyeuse, Zampa). Au théâtre, il a également été le Rodofo du Angelo tyran de Padoue (Hugo) mis en scène par Christophe Honoré avec Emmanuelle Devos au festival d'Avignon de 2009. Il a aussi joué dans Le Roi-Lear (mise en scène Laurent Fréchuret) et Le Banquet (Platon, mise en scène Juliette Deschamps), Les Apaches  (de Macha Makeieff), Berthollet (C.-F. Ramuz, mise en scène Mathieu Bertholet), L’Homme qui mangea le monde (Nis-Momme Stockmann, mise en scène Olivier Martinaud)… Hervé Lassïnce est également acteur au cinéma et à la télévision, et photographe notamment pour LES INROCKUPTIBLES.

 

Félix Beaupérin (Baron) entame sa formation de comédien dans la classe d’Anne-Marie Philipe qui lui présente Jean-Marie Besset qui l’engage pour jouer dans Le Kiné de Carcassonne au festival NAVA, sous la direction de Gilbert Désveaux et Régis de Martrin-Donos. Il poursuit ensuite sa formation en se tournant vers le LFTP dirigé par Maxime Franzetti. En juillet 2014 il co-fonde avec Chloé de Broca le Festival du Théâtre du Roi de Cœur près de Bergerac. Il participe à la création de la nouvelle pièce de Eric-Emmanuel Schmitt, Si on recommençait, au côté de Michel Sardou, à la Comédie des Champs-Elysées.

 

Frédéric Quiring (Lully) a débuté au cinéma dans Pour Sacha d’Alexandre Arcady. Il a  joué notamment dans Oliver, Oliver de Agnieska Holland, Personne ne m’aime de Marion Vernoux, N’oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois, La Vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky, Scènes de crimes de Frédéric Schoendoerffer… Au théâtre, on a pu le voir dans Caligula (Albert Camus, mise en scène Charles Berling), La Nuit des oliviers (Eric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Christophe Lidon), La Preuve (David Auburn, mise en scène Bernard Murat), Pâte feuilletée (Alain Stern, mise en scène Didier Long, nomination pour la Révélation masculine aux « Molières » 1999). On a pu le voir à la télévision dans de nombreux téléfilms et notamment dans les séries EMU, Des soucis et des hommes, ou dernièrement dans L’Odyssée sur Arte.

 

Quentin Moriot (Osman) a suivi une formation de comédien, chanteur et danseur au Conservatoire Frederic Chopin à Paris. Avant cette formation il a la chance de travailler avec Yves Beaunesne (Un mois à la campagne d’Yvan Tourgueniev) et Mario Gonzalez (assistant lors de cours au CNSAD et en Suède). Le conservatoire lui apporte plusieurs rencontres fructueuses puisqu’il travaille à plusieurs reprises avec Régis de Martrin Donos à Paris et Montpellier (Diderot Bagarre de Regis de Martrin Donos et Muriel Brot, Le Banquet d’Auteuil de Jean-Marie Besset) Juliette Séjourné (L’Opéra de quat’sous de Brecht, La Princesse Maleine de Maeterlinck). En 2014, il découvre le monde de la comédie musicale (Blanche Neige et moi mis en scène Nicolas Guilleminot). En outre, il tourne pour Caroline Chomienne (Verde que te quiero verde) et Roger Sucre ( Jeune Homme au Bord de le Crise de Rêves, A L’improviste).

 

 

 

 

Roman Girelli (Jonsac). Après une formation de comédien dans la « Classe Libre » de l'École Florent, complétée par des études d’Histoire à la Sorbonne-Paris I, il travaille avec Laurent Gutmann, Pierre Guillois, Michel Fau… Sa première pièce, Les Célèbres (02) – Hommage à Thomas Bernhard a été donnée en 2012 à la MC 11 de Montreuil. D’autres pièces, telles que Les Célèbres (03) et Barthélémy, sont en préparation.

 

Grégory Cartelier (Nantouillet), formé au Conservatoire National de Région de Clermont-Ferrand, est engagé par la compagnie de Dominique Freydfont, pour laquelle il jouera de nombreux spectacles tels que Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent ou Electre de Sophocle. Au côté de son camarade Cédric Veschambre, rencontré à Clermont, il tient le rôle de Louis, dans Angels in America  (Tony Kuchner, mise en scène Julien Rocha). Il travaille pour de nombreux metteurs en scène tels que Kristof Warlikowsky (Poppea e Nerone), Fani Carenco (Pensez vous pouvoir s’il vous plait nous répondre d’aller nous faire foutre), Guy Simon (Le Médecin volant), Philippe Wiart (Lorenzaccio), Stéphane Hervé (Dom Juan), Yves Sauton (Antigone) ou encore Constance Mathillon (Tulipe, La Ronde). Au cinéma et à la télévision il tourne notamment pour Chabrol (Bellamy), Salvadori (Soins complets), Fred Tourneur (La Folie de Sœur Louise) et dans de nombreux téléfilms.

 

Comédien depuis 1976, Dominique Ratonnat (Dassoucy) a joué récemment dans En attendant Godot (Beckett, mise en scène J-C Sachot), Un fil à la patte (Feydeau, mise en scène J.-C. Fall), Feu la mère de Madame (Feydeau, mise en scène F. Tournaire), Veuillez essuyer vos plaies avant d'entrer (J. Cardoner et D. Ratonnat), La Jonque de porcelaine (Delteil, mise en scène B. Czuppon), Jean la Chance (Brecht), Histoires de famille (B. Srbljanovic), Fin de partie (Beckett), tous trois mis en scène par J.C. Fall, L’Affaire de la rue de Lourcine (Labiche, mise en scène Y. Gourmelon), L'Avare  (Molière, mise en scène J.-C. Sachot), Knock (Romain, mise en scène R. Cornillac). Il a également joué sous la direction de Philippe Goudard, Guy Vassal, J-L Estany… Il a tourné pour la télévision et au cinéma sous la direction de Kechiche, Chabrol, Jugnot, Enrico, Blier, de Oliveira, Fansten, de Broca…

 

Antoine Baillet-Devallez (Pierrotin) est diplômé en 2012 de l’Ecole Nationale Supérieure d’art dramatique de Montpellier. Il a débuté avec Anne-Laure Liègeois à Montluçon. Au  Conservatoire de Région de la ville de Poitiers, il travaille avec Étienne Pommeret, Philippe Faure, Olivier Maurin, Marc Proulx, Jean-Marie Villégier, François Regnault, Jean-Claude Penchenat… Il a joué sous la direction d’Ariel Garcia-Valdes, Yves Ferry, Richard Mitou, Christine Gagnieux, Heide Tegeder, Alexandre Del Perugia, Claude Degliame, Lukas Hemleb. Il poursuit une formation lyrique avec Philippe Laboual. En tant que choriste, il a chanté Rigoletto et Lucia de Lamermoor. Il joue actuellement dans la mise en scène d’Olivier Desbordes de la comédie musicale Cabaret.

 

Alain Marcel (Cyrano) a été élève d’Antoine Vitez au CNSAD. D’abord comédien, il compose, écrit et interprète deux succès musicaux : Essayez donc nos pédalos et Rayon femmes fortes. Première mise en scène lyrique à l’Opéra de Genève : Le Barbier de Séville. Suivront, de Rossini à Offenbach et de Mozart à Verdi, une vingtaine de productions. Pour l’inauguration du théâtre Florence Gould de New York, il donne sa propre version bilingue des Mariés de la Tour Eiffel de Cocteau. Il adapte et met en scène trois comédies musicales américaines : La Petite boutique des horreurs (Théâtre Déjazet et Porte Saint-Martin), Peter Pan (Casino de Paris) et Kiss me Kate (Théâtre Mogador), ces spectacles réuniront quatre nominations aux Molières et deux aux Victoires de la Musique. Dans la veine de Broadway, suivent : My fair Lady (Opéra Royal de Wallonie) et La Cage aux folles de Jerry Hermann (Théâtre Mogador). Retour récent à la composition de spectacles musicaux personnels : Le Paris d'Aziz et Mamadou à l'amphithéâtre de l’Opéra Bastille, puis, au Théâtre de l’Œuvre, L’Opéra de Sarah, Molière 2009 du spectacle musical, enfin, au Rond-Point, Encore un tour de pédalos. Par ailleurs, Alain Marcel renoue avec son métier de comédien : Lulu d’Alban Berg à l’Opéra-Bastille, Perthus de Jean-Marie Besset au Rond-Point, repris au Théâtre des 13 vents, L’Oiseau vert de Carlo Gozzi au Festival d’Almagro, Rue de Babylone de Jean-Marie Besset au Théâtre des 13 vents.



[1] Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, La Prisonnière, Paris, Gallimard, 1989

[2] Anonyme, La Fameuse Comédienne, Francfort, Rottenberg, 1688

[3] Grimarest, Jean-Léonor Le Gallois, sieur de, La Vie de M. de Molière, Paris, J. Le Febvre, 1705

[4] Michel Cournot, " Molière, à la folie. Jacques Lassalle tente et réussit une approche des secrets de la comédie LA COMTESSE D'ESCARBAGNAS et GEORGE DANDIN à la Comédie-Française", Le Monde, 11 avril 1992

[5] Il s'agit d'une erreur, c'est de La Fameuse comédienne publiée en 1688 qu'il s'agit

[6] D'autres noms seront suggérés y compris celui de Racine

[7] Michel Cournot article cité

[8] Garboli Cesar, La Fameuse Comédienne, édition scientifique français-italien, Milano, Adelphi, 1997

[9] René de Ceccatty, " Comédie de mœurs chez les Molière", Le Monde, 12 avril 1997

[10] Il faut citer aussi la monumentale biographie de Jean-Luc Hennig, Dassoucy et les garçons, Paris, Fayard, 2011

[11] Roger Duchêne, Molière, Paris, Fayard, 1998 réédité en 2006

[12] Jean-Marie Besset, Baron, Paris, Grasset, 2002