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LE MÉMENTO

DOSSIER PRESSE

Du 22 mai au 30 juin 2018

 

LE MEMENTO

DE JEAN VILAR

 

 

Journal intime, journal de combat, carnet de  bord et manifeste Le Mémento de Jean Vilar qui évoque, au jour le jour, les premières années de sa prise de direction du Théâtre National Populaire est un moment essentiel de l’histoire du théâtre français. Ce texte puissant ironique et lucide nous révèle l’autoportrait saisissant d’un artiste aux prises avec la société de son pays et de son temps.

Plus généralement, c’est le portrait de tout créateur écartelé entre l’état dont il dépend et le peuple qu’il sert. Mémoire qui nous aide à rêver demain, le Mémento est un témoignage sur lequel tout honnête homme peut méditer.

Jean-Claude Idée

 

 

De grands textes, de grands acteurs, des éclairages sublimes, le théâtre populaire de Jean Vilar est gravé dans notre cœur. Il fut pour moi, âgé de 7 ans, l’un des déclics pour embrasser cette carrière, je n’imaginais pas que j’aurais un jour la chance de rencontrer sur un plateau les magnifiques interprètes de sa troupe. Peu de gens ont conscience cependant, malgré son immense succès, du parcours christique qu’il dût accomplir pour triompher. Un saint laïc.

Emmanuel Dechartre

 

 

 

« Mémento des faits survenus dans l’histoire du Théâtre National Populaire, du 29 novembre 1952 au 1er septembre 1955. Et mémoire de suggestions, de conseils, de rêveries et de regrets, exprimés de bonne fois, par un directeur, toutes choses pouvant être fort utiles à celles et ceux qui se destinent par les moyens de l’illusion à enseigner et divertir leurs semblables. »

C’est ainsi que Jean Vilar lui-même présente son Mémento. Ces notes, consignées à la main, dans un cahier d’écolier, n’étaient pas à l’origine destinées à la publication.

Ce journal intime nous fait replonger de plein pied dans la tumultueuse aventure du TNP qui a jeté l’ancre à Paris au Palais de Chaillot,  sous la direction contestée de Vilar, le jeune inventeur du tout nouveau Festival d’Avignon. Cette prise de direction est contestée. Vilar doit faire face à une cabale politique, à une campagne de dénigrement orchestrée par une presse hostile. De plus, les termes du contrat  qu’il signe avec l’État, le place dans une position financière très défavorable. Vilar ne peut se rémunérer, ni pour sa direction, ni pour ses mises-en-scène, ni pour les rôles qu’il interprète. Il est responsable des déficits du TNP sur ses biens propres. C’est un bail de fermage qu’il a signé. Seul lui reste les éventuels bénéfices. Or en 13 ans de direction, il n’en fera jamais.

Jeanne Laurent, la responsable de la Culture au Ministère de l’Éducation nationale, (il faudra attendre de Gaulle et Malraux  pour qu’on invente en France un Ministère de la Culture.) Jeanne Laurent donc, avait promis à Vilar que cette clause léonienne serait ultérieurement modifiée. Et il l’avait crue sur parole. Ce ne fut pas le cas, malgré ses demandes répétées. Cela s’est passé à l’Hôtel de l’Horloge, un soir de Festival à Avignon. Confiant dans sa bonne étoile, Jean Vilar a relevé le défi. Il mènera donc de front les directions d’Avignon et du TNP, inventant sa décentralisation, et une forme nouvelle de rapport au public, mettant les auteurs  (qu’il appelle les poètes) au cœur du théâtre, et minimisant les metteurs en scène (qu’il appelle les régisseurs). Il bâti sa double aventure

sur les acteurs (qu’il appelle ses galériens).

En effet, sans la troupe du TNP qui s’éreinte à Paris, à Avignon, sur les routes de France et du monde,rien n’eut été possible.Sans la générosité et l’engagement de Gérard Philippe,qui offre son talent et sa notoriété à Vilar au tarif syndical,sans l’abnégation

d’une équipe de rêve,dont Vilar a eu le talent de s’entourer,il n’y aurait pas eu de TNP.

C’est une intelligence collective qui s’est cristallisée autour de Vilar.

Il suffit d’égrainer les noms, et les fonctions pour comprendre : Agnès Varda (Photographie), Maurice Jarre (Musique), Léon Gischia (Décor et costume), JeanRouvet (Administration et collectivités), Paul Puaux (Administration et collectivités), Pierre Saveron (Éclairage), Camille Demangeat  (Scénographie). Et au plateau des jeunes acteurs alors inconnus :Philippe Noiret, Jeanne Moreau, Maria Casarès, Daniel Ivernel, Jean-Pierre Daras, et Christiane Minazzoli, Georges Wilson, Michel Bouquet, Charles Denner, Daniel Sorano…

Ce n’est pas seulement une plongée dans l’effervescence de cette pouponnière, qui donnera quelques uns de ses plus beaux nomsau théâtre et au cinéma français que le Mémento nousconvie,mais c’est aussi à une réflexion sur demain,sur la place de l’art dans la société,sur le rôle du citoyen et de l’artiste,sur le rapport entre la culture, la mémoire,et le lien socialqui cimente les civilisations.     

 

Jean-Claude Idée

 

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JEAN VILAR

 

Fils de commerçants, Jean Vilar  nait à Sète en 1912.

Arrivé à Paris en 1932 pour préparer une licence de lettres à la Sorbonne, il découvre à 20 ans le théâtre en assistant à une répétition dirigée par Charles Dullin. Passionné de littérature et de musique, il donne peu à peu la priorité à l'art dramatique, en se formant au théâtre de l'Atelier auprès de Dullin, puis en intégrant en 1941 la compagnie de la Roulotte (fondée par André Clavé et liée au mouvement Jeune France). En 1942, sa première mise en scène, la Danse de mort de Strindberg – dont il est le principal interprète –, révèle un style neuf, fait d'austérité et d'intériorité. L'année suivante, Vilar  quitte la Roulote, crée la compagnie des Sept et s'installe au théâtre de Poche.

En 1947 – un an après avoir joué au cinéma dans les Portes de la nuit, de Marcel Carné –, le metteur en scène se voit proposer par René Char, Yvonne et Christian Zervós, d'animer une « Semaine d'art dramatique » en Avignon. Pour l'occasion, il monte Richard II de Shakespeare dans la Cour d'honneur du Palais des Papes. Même si cette expérience n'obtient qu'un succès limité, le Festival d'Avignon est né. Vilar va en faire l'un des rendez-vous culturels les plus importants de la seconde moitié du xxe siècle. L'arrivée de Gérard Philipe, jouant Le Cid de Corneille (1951) et Lorenzaccio de Musset (1953), donne à la manifestation un élan historique.

En 1951, Jean Vilar est nommé directeur du Palais de Chaillot, auquel il rend le nom que Gémier lui avait donné en 1920 : Théâtre National Populaire (TNP), qui en 1952 s'installe au Palais de Chaillot. Cette même année voit la publication du Petit manifeste de Suresnes, où il expose sa vision d’un théâtre populaire. Il fait alors découvrir Shakespeare (Richard III, Othello), Molière (Don Juan), Kleist (le Prince de Hombourg), T. S. Eliot (Meurtre dans la cathédrale) et Brecht (Mère Courage et ses enfants, la Résistible Ascension d'Arturo Ui) à un nouveau public.

Dans le même esprit de décloisonnement, il ouvrira le Festival d'Avignon à la danse, avec Maurice Béjart (qui donne avec sa compagnie, le Ballet du xxe siècle, Messe pour le temps présent, 1967), et au cinéma, avec Jean-Luc Godard (qui présente en première mondiale le film la Chinoise, id.).

En 1953 débute une cabale contre Jean Vilar initiée par des critiques conservateurs et certains hommes politiques. On murmure qu'Antoine Pinay veut faire fermer Chaillot. Vilar est accusé d'avoir détourné des fonds, on lui reproche de monter Brecht, considéré comme communiste, et Pichette, jugé trop avant-gardiste, ainsi que Meurtre dans la cathédrale d'Eliot, œuvre "étrangère". La Mort de Danton de Büchner manque d'être interdite par le ministre et subit lors de sa création les attaques de la CGT et du Parti communiste, qui estiment que Büchner prend le parti de Danton contre Robespierre. Rédaction du texte "Le théâtre, service public".

En 1959, André Malraux attribue au TNP une seconde salle, le Théâtre Récamier, destinée à présenter les premières pièces d'auteurs contemporains.

1960 voit la création de La Résistible Ascension d'Arturo Ui de Brecht, alors que le général Salan a lancé un mouvement pour l'Algérie française et que 121 intellectuels viennent de signer un manifeste intitulé « Sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie ». La pièce connaît un grand retentissement et fait du TNP un théâtre résolument engagé.

N’obtenant pas les moyens qu’il juge nécessaires, Jean Vilar abandonne en 1963 la direction du TNP, qui sera confiée à Georges Wilson, mais conserve celle d'Avignon jusqu’en 1970.

L’année suivante, en 1971, il meurt dans sa ville natale.

 

 

 

Jean-Claude Idée

Jean-Claude Idée est auteur, adaptateur, metteur en scène, comédien, homme de radio et professeur.

En tant que metteur en scène, il a signé une centaine de spectacles, tant pour le théâtre privé que pour le théâtre public, principalement en Belgique et en France, parmi lesquels : Meilleurs alliés d’Hervé Bentégeat, au Théâtre du petit Montparnasse, Prof !de J.-P.Dopagne avec Jean Piat, au Théâtre de la Gaité Montparnasse et à la Comédie des Champs-Elysées, Moi mais en mieux, avec Martin Lamotte, au Théâtre de la Michodière, L’Allée du roi de Françoise Chandernagor ou L’Homme la bête et la vertu, avec Niels Arestrup, au Théâtre Montparnasse, La Soif et la faim, avec Francis Perrin au Théâtre Montansier à Versailles ou Une femme de lettre avec TsillaChelton au Théâtre Tristan Bernard.

En tant qu’auteur, on lui doit une vingtaine de pièces, dont La Nuit de l’audience, mise en scène par Patrice Kerbrat, au Théâtre du Petit-Montparnasse, avec Brigitte Fossey, Saint-Exupéry à New-York ou la naissance du Petit Prince, monté au Théâtre Jean Vilar, Parce que c’était lui, monté au Théâtre du Petit-Montparnasse ou encore, Korczak, la tête haute, Les combats de Célestin Freinet, Trois hommes pour toutes les saisons, …

En 1989, il crée le Magasin d’Écriture Théâtrale, association dont la mission est de promouvoir l’écriture théâtrale contemporaine par le biais de la lecture-spectacle.

En 2013, il fonde Les Universités Populaires du Théâtre qui se sont donné pour mission de dialoguer avec le public, après avoir proposé sous forme de lecture-spectacle des textes qui traitent de philosophie ou de notre société, suivies d’un débat.

Il a enseigné l’Art Dramatique à l’Académie d’Auderghem à Bruxelles durant 35 ans et pendant 25 ans au Conservatoire Royal de Bruxelles.

 

 

 

 

Emmanuel Dechartre

 

Emmanuel débute à la Comédie-Française dans Le Mariage de Figaro (rôle Chérubin), sous la direction de Pierre Dux. Puis il sera dirigé par des metteurs en scène tels que M. Tassencourt, J. Meyer, J. Rosny, M. Berto, J. Spiesser, M. Franceschi, G. Vitaly, Fr. Maistre, J. Mauclair, R. Manuel, J. Destoop, J. Danet, J.- L. Jeener, Th. Harcourt, J. Rosner, Y. Pignot, H. Lazarini, J.-R. Garcia, ... qui lui donneront le bonheur d’interpréter les rôles titres dans Caligula, Lorenzaccio, L’Idiot, Le Prince de Hombourg, Chatterton, L’Aiglon, Le Curé (dans Le Journal d’un curé de campagne), Cioran, Hamlet, Oscar Wilde, Raskolinkov, Ivanov, Nietzsche...
Emmanuel a joué à quatre reprises sous la direction de Jean-Paul Tribout (Une Chaîne anglaise ; Nekrassov ; Le Vicaire, rôle du Pape ; Monsieur Chasse). Jean-Claude Idée l’a mis en scène dans Crime et châtiment (rôle de Raskolnikov) ; Trois Années d’après Tchekhov (rôle de Laptev) ; Démocratie (rôle de Helmut Schmidt) ; Parce que c’était lui de J.-C. Idée (rôle de Montaigne). Il a été également Karenine dans Anna Kareninamise en scène par Cerise Guy. Il a joué à plusieurs reprises sous la direction de Henri Lazarini (Le Fantôme de l’Opéra, Cyrano, Lucrèce Borgia....).


Il vient d’être Harpagon dans L’Avare, mis en scène par Frédérique Lazarini (Théâtre 14 puis Arrtistic Théâtre).

Pour le cinéma et la télévision, il a travaillé sous la direction notamment de M. Drach, H. Santiago, P. Cardinal, Cl. Santelli, A. Villiers, J. Kerchbron, J. Rosny, J. Dayan... et a interprété une centaine de dramatiques pour la radio.


De 1977 à 2011, il a dirigé «Théâtre, Musique et Danse dans la Ville».


Depuis 1991, Emmanuel Dechartre est le directeur du Théâtre 14, Théâtre Municipal).

 

 

Représentations  les mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 19h - samedi à 20h30

Exceptionnellement la représentation du samedi 23 juin aura lieu à 19h

Relâche dimanche et lundi

Prix des places : 25 ; tarifs réduits : 18  ;

lycéens, - 26 ans, chômeurs : 11 € sauf samedi 16h : 16 €

Renseignements et réservations : au théâtre ou par téléphone au 01 45 45 49 77

du lundi au samedi de 14 h à 18 h - www.theatre14.fr

 

Une productionScène& Public –Utopie en Marche -En coréalisation avec le Théâtre 14

Merci à la B.N.F. 

 Merci à L’Association Jean Vilar d’Avignon pour le prêt des costumes originaux du TNP qui constituent le décor

Merci aux UPT pour leurs collaborations techniques

 

Attachée de presse : Marie-Hélène Brian

01.42.81.35.23 - 06.81.87.70.81 – mhbrian@orange.fr